LE COMBAT DE NICOLAS

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L'histoire de nicolas

Naissance de Nicolas

Nicolas naît le 11 novembre 2000 au centre hospitalier de Romans. « C'était un petit prématuré de sept mois et nous nous sommes serrés les codes pour éviter qu'il ne lui arrive quoi que ce soit. » Sa famille demeure à Saint-Romans depuis quatre ans, Luis est chauffeur routier, Christine travaille à l'ADMR de la commune et David, le grand frère de 14 ans, est collégien.
 

Déclenchement de la maladie

Le mardi 28 mars, jour de grève pour de nombreux écoliers, Nicolas est à la maison avec son frère. Après avoir passé une bonne nuit et déjeuné d'un bol de céréales, il déclare avoir toutefois mal à une gencive. Christine part travailler et rentre chez elle vers midi. David et Nicolas sont à table mais Nicolas pleure, il a très mal à la tête et à 40° de fièvre. Sa mère lui donne du paracétamol et Nicolas, ayant moins mal, mange un petit peu. « Avant de repartir je lui ai demandé s'il se sentait mieux, il m'a répondu " oui mais je vais me coucher, je me sens fatigué ". » En rentrant vers 16 h 30, Christine constate que la fièvre est toujours aussi élevée et, qu'en plus, Nicolas a une grosse tache violacée sous le cou et d'autres beaucoup plus petites sur les jambes. Elle appelle un médecin remplaçant de Saint-Marcellin (le sien est absent) qui lui donne un rendez-vous pour 17 h 15. Le praticien l'ausculte rapidement, constate les taches et dit « Je ne sais pas ce qu'il a mais c'est à surveiller, ça c'est sur. Je vais vous donner du paracétamol pour la fièvre et vous me rappellerez demain matin pour me dire comment il va. » A la question de Christine qui lui demande alors ce qu'elle doit faire si cette fièvre persiste dans la nuit, il répond : « Vous appelez le 15. »

De retour à la maison, Christine fait prendre un bain à son fils, sa température redescend à 38° mais il a toujours mal à la tête. Luis est encore là. « Quand Nicolas est sorti de table, il s'est allongé sur le canapé et s'est mis à pleurer. Je l'ai pris dans mes bras pour essayer de le consoler et lui dire d'arrêter. Il m'a regardé et m'a dit " papa, j'ai mes larmes qui me brûlent ". Je lui ai séché ses joues en pensant que ce n'était pas grave. » Luis reprend le volant de son camion vers 19 h 30, direction Draguignan. Christine range sa cuisine et s'apprête à aller se coucher. Nicolas lui demande alors s'il peut dormir avec elle. Entre 20 h30 et 21 h, son état ne donnant aucun signe d'amélioration, elle appelle le 15. Au téléphone et d'après les symptômes expliqués au médecin, ce dernier lui dit : « Ces taches, en plus de la fièvre et des maux de têtes sont inquiétants. Avez-vous un véhicule ? Alors, emmenez le tout de suite à l'hôpital. »

 

A l'hôpital

Christine arrive au centre hospitalier de Romans vers 21 h 30 avec Nicolas et David. Aux urgences, elle explique la situation et on les conduit en salle d'attente, Nicolas dort sur le banc de la salle....23h, soit une heure trente plus tard, un médecin lui prend la température : 40,5°. On l'installe dans un lit au service pédiatrie et on lui fait une prise de sang...vers 1 h 30 du matin. L'équipe médicale conseille ensuite à Christine de rentrer chez elle et d'y rester car « il n'y a rien de grave », mais son instinct de mère lui dicte de revenir auprès de son fils au plus vite. Elle dépose David à Saint-Romans et, de retour à Romans, elle apprend que Nicolas a eu une ponction lombaire et qu'il porte une couche. Surprise elle en demande la raison et s'entend répondre : « Il a commencé à faire ses besoins au lit. » Elle questionne son fils qui lui dit : « J'ai appelé et personne n'est venu. »

La pédiatre arrive sur ces entrefaits : « Votre fils a un purpura fulminans mais on va tous faire pour le sauver. Nous avons appelé l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon pour le transférer là-bas car ils connaissent mieux cette maladie. »

Un véhicule ambulancier venu de Lyon les emmène. L'équipe qui prend Nicolas en charge estime que son état est stable et sa tension satisfaisante. Il est toujours conscient et chante même une chanson avec le médecin. Les taches se sont amplifiées et son corps est devenu violet.

A Lyon, il est immédiatement ausculté par un praticien en réanimation pédiatrique : « L'état de votre fils est stable mais inquiétant. C'est une maladie qui attaque les poumons, le cœur et le cerveau. Pour qu'il n'entre pas en état de choque je vais l'endormir et l'intuber, le mettre sous respirateur artificiel et lui installer un cathéter. »

Christine ne sait toujours pas que Nicolas a contracté une méningite.
A 7 h30, ce même médecin déclare : « Madame, votre fils a fait un arrêt cardiaque mais on réussi à le faire revenir et on lui fait des gestes. »

Christine n'est pas dupe, elle sent au travers de son regard que Nicolas est décédé.
Entre-temps, Luis, prévenu par un coup de téléphone de son épouse, roule toute la nuit. Il rentre du Var, il est 9 h 30. Dès qu'il est auprès de sa femme, trois médecins s'avancent : « C'est fini, Nicolas est mort d'un arrêt cardiaque. »

Ils apprennent alors que leur enfant avait une méningite à méningocoque de type C.
Si Luis et Christine ont voulu témoigner de leur histoire, c'est qu'ils ont un message à faire passer. « On ne veut plus que ça se reproduise, on ne veut plus que des parents souffrent comme on est en train de souffrir. On ne veut plus entendre parler d'un médecin qui n'a pas su diagnostiquer la maladie de notre fils. On ne veut plus que les urgences ne deviennent qu'une salle d'attente où il faut patienter quatre heures avant de recevoir les premiers soins. »

 

Les petits cailloux...

Dans la maison il y a des petits cailloux un peu partout. Nicolas les aimait beaucoup. Il y a aussi des petits jouets dans le réfrigérateur. « Quand tu les sors, ils changent de couleur ».
Et puis plein d'autres choses aussi... tellement plein d'autres choses...
 

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